dimanche 27 février 2011

Une minute mémorable

Accoudé au
Balcon du
Quatrième é-
Crasé par un
Soleil tonitruant
Il entendait les
Cloches du
Dimanche baratter
Et bouleverser
La quiétude éclater
Dans le bleu
Etourdissant
Tandis que tout
En bas
Grise tassée
Sur le trottoir
Une femme ba-
Layait l’eau rouge
Sur les pavés
Assombris

L’odeur de l’eau
Est montée
Jus-
Qu’à lui
Comme une écume
Frissonnante
Et le bruit de la bros-
Se sur les pavés
S’est incrusté dans
Sa tête  et sa mémoire
Avec la
Précision et l’a-
Cuité d’un coup de couteau

Une minute mémorable

Accoudé au
Balcon du
Quatrième é-
Crasé par un
Soleil tonitruant
Il entendait les
Cloches du
Dimanche baratter
Et bouleverser
La quiétude éclater
Dans le bleu
Etourdissant
Tandis que tout
En bas
Grise tassée
Sur le trottoir
Une femme ba-
Layait l’eau rouge
Sur les pavés
Assombris

L’odeur de l’eau
Est montée
Jus-
Qu’à lui
Comme une écume
Frissonnante
Et le bruit de la bros-
Se sur les pavés
S’est incrusté dans
Sa tête  et sa mémoire
Avec la
Précision et l’a-
Cuité d’un coup de couteau

dimanche 20 février 2011

Avant le départ

Il s’était un peu redressé sur son siège sans se mettre debout. Un mouvement des reins et du bassin. Puis il s’était affalé de nouveau. Le soleil agitait des molécules devant ses yeux éblouis par la violence de la lumière qui déboulait en diagonale de l’immense verrière. Ses paupières clignaient.
“Bon sang, bon sang, bon sang...”
Il tourna la tête pour regarder derrière lui. Une femme était assoupie : grasse, flasque, le menton écrasé, la bouche effondrée. Et très pâle. Ses cheveux jaune terne bouclaient un peu. Une fourmi remontait le long de sa gorge.  Il contint l’élan qui le poussait à se pencher sur cette inconnue endormie, à la presser sur sa poitrine.
Il détacha son regard de la femme et le fit coulisser vers des valises, des sacoches, des sacs, des sachets éparpillés au pied du mur, là-bas, dans un triangle d’ombre ; sa valise en peau de porc était là, quelque part, mêlée aux autres.  
“Je peux vous aider, monsieur ?”
L’homme qui venait de poser cette question était jeune, roux, et souriait de toutes ses dents plantées n’importe comment dans ses gencives épaisses. Ses yeux brûlaient.
“Vous êtes sûr que vous n’avez besoin de rien ?”
Il n’avait besoin de rien, sauf d’espace, de tranquillité. Il faillit dire au jeune homme d’aller se faire foutre mais il lui rendit un sourire forcé. Le jeune homme se figea une seconde, puis sourit aussi avant de s’éloigner à reculons.
Tout à l’heure, ce même jeune homme lui avait offert son bras pour pénétrer dans le hall et trouver une place. Il l’avait reculé d’un geste. Et le jeune homme s’était effacé sans un mot. Les sièges libres ne manquaient pas. Il n’avait besoin d’aucune aide. Aucune. 
“A mon âge, j’ peux m’asseoir tout seul...” Et il avait vite opté pour un siège en plastique rouge qui donnait vers l’extérieur. Un siège incommode.
Une fois installé, il avait contemplé durant des siècles le tronçon de tarmac coupé net à gauche et à droite par la verrière. Il avait plu, le tarmac luisait. Un avion décolla juste devant la verrière, et s’éleva lentement dans le ciel travaillé par les nuages. A certain moment, par l’effet d’une brusque irruption du soleil, l’avion devint une aiguille éblouissante et le tarmac une plaque d’aluminium.
Instinctivement, il avait serré les paupières et gardé en lui une ligne blanche qui se dissolvait dans du noir. Quand il les avait desserrées, l’ombre avait envahi la verrière. Le ciel était d’un gris pesant. C’est alors qu’il s’était dit le premier “Bon sang...” en regardant ses mains. Ses mains. Il détestait ses mains. Il les retourna, les examina soigneusement avec l’espoir larvé de changer d’avis. Mais non.
“Tiens... du café... “ Une grosse fille, légèrement frisée, à la peau marquée, lui tendit un gobelet plein à ras bords. “Comme tu l’aimes.”
Il porta le gobelet jusqu’à ses lèvres déjà prêtes en cul de poule. Et il but en fermant les yeux à demi. Par-dessus le bord du gobelet, il vit la fille le regarder fixement.
Alors, il avança sa main libre devant lui, et il attendit qu’elle la saisisse.

Avant le départ

Il s’était un peu redressé sur son siège sans se mettre debout. Un mouvement des reins et du bassin. Puis il s’était affalé de nouveau. Le soleil agitait des molécules devant ses yeux éblouis par la violence de la lumière qui déboulait en diagonale de l’immense verrière. Ses paupières clignaient.
“Bon sang, bon sang, bon sang...”
Il tourna la tête pour regarder derrière lui. Une femme était assoupie : grasse, flasque, le menton écrasé, la bouche effondrée. Et très pâle. Ses cheveux jaune terne bouclaient un peu. Une fourmi remontait le long de sa gorge.  Il contint l’élan qui le poussait à se pencher sur cette inconnue endormie, à la presser sur sa poitrine.
Il détacha son regard de la femme et le fit coulisser vers des valises, des sacoches, des sacs, des sachets éparpillés au pied du mur, là-bas, dans un triangle d’ombre ; sa valise en peau de porc était là, quelque part, mêlée aux autres.  
“Je peux vous aider, monsieur ?”
L’homme qui venait de poser cette question était jeune, roux, et souriait de toutes ses dents plantées n’importe comment dans ses gencives épaisses. Ses yeux brûlaient.
“Vous êtes sûr que vous n’avez besoin de rien ?”
Il n’avait besoin de rien, sauf d’espace, de tranquillité. Il faillit dire au jeune homme d’aller se faire foutre mais il lui rendit un sourire forcé. Le jeune homme se figea une seconde, puis sourit aussi avant de s’éloigner à reculons.
Tout à l’heure, ce même jeune homme lui avait offert son bras pour pénétrer dans le hall et trouver une place. Il l’avait reculé d’un geste. Et le jeune homme s’était effacé sans un mot. Les sièges libres ne manquaient pas. Il n’avait besoin d’aucune aide. Aucune. 
“A mon âge, j’ peux m’asseoir tout seul...” Et il avait vite opté pour un siège en plastique rouge qui donnait vers l’extérieur. Un siège incommode.
Une fois installé, il avait contemplé durant des siècles le tronçon de tarmac coupé net à gauche et à droite par la verrière. Il avait plu, le tarmac luisait. Un avion décolla juste devant la verrière, et s’éleva lentement dans le ciel travaillé par les nuages. A certain moment, par l’effet d’une brusque irruption du soleil, l’avion devint une aiguille éblouissante et le tarmac une plaque d’aluminium.
Instinctivement, il avait serré les paupières et gardé en lui une ligne blanche qui se dissolvait dans du noir. Quand il les avait desserrées, l’ombre avait envahi la verrière. Le ciel était d’un gris pesant. C’est alors qu’il s’était dit le premier “Bon sang...” en regardant ses mains. Ses mains. Il détestait ses mains. Il les retourna, les examina soigneusement avec l’espoir larvé de changer d’avis. Mais non.
“Tiens... du café... “ Une grosse fille, légèrement frisée, à la peau marquée, lui tendit un gobelet plein à ras bords. “Comme tu l’aimes.”
Il porta le gobelet jusqu’à ses lèvres déjà prêtes en cul de poule. Et il but en fermant les yeux à demi. Par-dessus le bord du gobelet, il vit la fille le regarder fixement.
Alors, il avança sa main libre devant lui, et il attendit qu’elle la saisisse.

lundi 14 février 2011

Un jour blanc

Le Père avait gueulé : “ T’aurais dû
Crever à sa place ! Salo-
Pard !”

Il avait rien dit rien à
Dire rien qu’à ravaler
Sa colère et planter son re-
Gard dans la fenêtre em-
Brasée par l’été

Puis déchiffrer la ligne af-
Futée des immeubles en
Béton sur le ciel
Puis entendre des chiens  s’égo-
Siller dans la lumière tremblante

Des années depuis des années
Et des années encore des années

Il est toujours là

Alors que l’autre

Dissout
Effrité
Délité
Pulvérisé

Plus rien

Un jour blanc

Le Père avait gueulé : “ T’aurais dû
Crever à sa place ! Salo-
Pard !”

Il avait rien dit rien à
Dire rien qu’à ravaler
Sa colère et planter son re-
Gard dans la fenêtre em-
Brasée par l’été

Puis déchiffrer la ligne af-
Futée des immeubles en
Béton sur le ciel
Puis entendre des chiens  s’égo-
Siller dans la lumière tremblante

Des années depuis des années
Et des années encore des années

Il est toujours là

Alors que l’autre

Dissout
Effrité
Délité
Pulvérisé

Plus rien

lundi 7 février 2011

Dos au mur

A l’écart de tout
De tous de
La foule

Ne fixait
Rien remuait par-
Fois ses mains en-
Foncées dans les
Poches lasses de 
Sa veste
Crème

Souriait à cause
Du soleil vissé
Dans le bleu lisse
Qui lui foutait un coup
De poing
Irrémédiable et fracassant

Sou-ri-ait
Une-deux-trois-sou-ri-ait
Et sa bouche
S’ouvrait comme
La blessure d’une figue

Dos au mur

A l’écart de tout
De tous de
La foule

Ne fixait
Rien remuait par-
Fois ses mains en-
Foncées dans les
Poches lasses de 
Sa veste
Crème

Souriait à cause
Du soleil vissé
Dans le bleu lisse
Qui lui foutait un coup
De poing
Irrémédiable et fracassant

Sou-ri-ait
Une-deux-trois-sou-ri-ait
Et sa bouche
S’ouvrait comme
La blessure d’une figue

mardi 1 février 2011

Une vie si facile

En quelques courts va-
Et-vient elle avait ci-
Saillé vif le cou du
Canard dont les pattes
Etaient entortillées dans
Un fil de fer rouillé

Elle s’était reculée d’un
Pas pour les éclaboussures
Puis elle avait regardé
Ses mains souillées sa jupe
Rouge avant de surmonter le
Frisson qui s’épanouissait en
Elle

Une vie si facile

En quelques courts va-
Et-vient elle avait ci-
Saillé vif le cou du
Canard dont les pattes
Etaient entortillées dans
Un fil de fer rouillé

Elle s’était reculée d’un
Pas pour les éclaboussures
Puis elle avait regardé
Ses mains souillées sa jupe
Rouge avant de surmonter le
Frisson qui s’épanouissait en
Elle