lundi 27 juin 2011

D'une vallée l'autre

L’odeur de la poudre à
Fusil et de la sueur
L’enveloppait tout entier
Malgré sa toilette
Brève à la source
Sous les étoiles

Il s’était plaqué de
Claires poignées de
Fraîcheur sur le
Visage et sur les épaules
Frôlé par les insectes
Les oiseaux les bêtes et
Les fleurs de la nuit

Puis il avait repris
Sa course à travers les
Buissons entre les
Chênes-lièges ensan-
Glantés
Il avait ahané
Cassé sa course sur les
Cailloux
Du torrent épuisé
Mais le soleil l’avait
Cueilli
Alors qu’il discernait
Enfin les premiers toits
Au fond de la vallée
Et que l’âcreté
De la chair brûlée
Lui remontait soudain
Dans les narines

D'une vallée l'autre

L’odeur de la poudre à
Fusil et de la sueur
L’enveloppait tout entier
Malgré sa toilette
Brève à la source
Sous les étoiles

Il s’était plaqué de
Claires poignées de
Fraîcheur sur le
Visage et sur les épaules
Frôlé par les insectes
Les oiseaux les bêtes et
Les fleurs de la nuit

Puis il avait repris
Sa course à travers les
Buissons entre les
Chênes-lièges ensan-
Glantés
Il avait ahané
Cassé sa course sur les
Cailloux
Du torrent épuisé
Mais le soleil l’avait
Cueilli
Alors qu’il discernait
Enfin les premiers toits
Au fond de la vallée
Et que l’âcreté
De la chair brûlée
Lui remontait soudain
Dans les narines

lundi 20 juin 2011

L'exil, en quelque sorte

Avalé par la vapeur et
Les vacarmes de la gare
Il avait mangé sur le quai
De pleines bouches
De tomate et de pain
Bis sans se préoccuper
Des regards intrigués
Que les voyageurs lui
Balançaient au passage

Il avait mâché chaque
Bouchée avec un
Calme vorace il avait dé-
Gluti chaque bouchée
Dans un frémissant
Va-et-vient de sa glotte
Aussi grosse qu’une noix

Sous son cul sa valise
Ployait à peine sous
Le poids de son corps
Etriqué
Dans ses yeux des ombres
D’arbres
S’inclinaient se redressaient
Comme sa tête qui semblait
Habitée par une brise
Intérieure
Et ses mains osseuses parfois
Battaient une mesure qu’il lisait
Dans le rythme des genoux
De la foule affolée

Quand il eut tout
Englouti
Il resta sans bouger
Les paupières serrées
Sur la musique qui
Le submergeait
Oubliant que des trains
S’apprêtaient à partir

L'exil, en quelque sorte

Avalé par la vapeur et
Les vacarmes de la gare
Il avait mangé sur le quai
De pleines bouches
De tomate et de pain
Bis sans se préoccuper
Des regards intrigués
Que les voyageurs lui
Balançaient au passage

Il avait mâché chaque
Bouchée avec un
Calme vorace il avait dé-
Gluti chaque bouchée
Dans un frémissant
Va-et-vient de sa glotte
Aussi grosse qu’une noix

Sous son cul sa valise
Ployait à peine sous
Le poids de son corps
Etriqué
Dans ses yeux des ombres
D’arbres
S’inclinaient se redressaient
Comme sa tête qui semblait
Habitée par une brise
Intérieure
Et ses mains osseuses parfois
Battaient une mesure qu’il lisait
Dans le rythme des genoux
De la foule affolée

Quand il eut tout
Englouti
Il resta sans bouger
Les paupières serrées
Sur la musique qui
Le submergeait
Oubliant que des trains
S’apprêtaient à partir

mercredi 15 juin 2011

La mer au loin

Sur la longue
Route droite et
Plus plate et plus
Susurrante qu’un
Gazon

On a traversé
Le brouillard
Cru

On a brutalisé le
Paysage
Qui semblait fou-
Tre le camp
A mesure qu’
On avançait

On a troué
Notre trajectoire

Dans la pluie
Naissante

Tandis que l’ho-
Rizon se dérobait
Et se dérobait enco-
Re

La mer au loin

Sur la longue
Route droite et
Plus plate et plus
Susurrante qu’un
Gazon

On a traversé
Le brouillard
Cru

On a brutalisé le
Paysage
Qui semblait fou-
Tre le camp
A mesure qu’
On avançait

On a troué
Notre trajectoire

Dans la pluie
Naissante

Tandis que l’ho-
Rizon se dérobait
Et se dérobait enco-
Re

vendredi 3 juin 2011

Partir

Des sentiers de montagne
Des buissons encore
Marqués par les incendies
Anciens des sources
Grelottant entre les racines
Des silences de feuilles
Dans la rumeur épandue
Comme un verre de lait
Des aiguilles d’herbe
Et l’infini halètement
Du monde tout autour

Elle avait rêvé
De cela puis des glissoires
De lumière entre les troncs
Dressés noirs dans un
Empressement qui
Prenait aux tripes
Mais ses pas l’avaient
Arrêtée à la lisière
De la ville sur une terre
De fange de poutrelles de tuyaux
En ciment et d’arbres détruits

Assise sur un carton
Elle avait tourné le dos
A la muraille des habitations
Et braqué son regard
Sur les fantômes mauves
Qui élevaient leurs pics
Leurs gouffres leurs forêts
Dans la brume au loin
Puis la fatigue l’a emportée
Et dans son sommeil d’enfant
Une main sur l’aine
Elle suçote des songes
De bonbons de sève sure
Et des écorces sucrées

Partir

Des sentiers de montagne
Des buissons encore
Marqués par les incendies
Anciens des sources
Grelottant entre les racines
Des silences de feuilles
Dans la rumeur épandue
Comme un verre de lait
Des aiguilles d’herbe
Et l’infini halètement
Du monde tout autour

Elle avait rêvé
De cela puis des glissoires
De lumière entre les troncs
Dressés noirs dans un
Empressement qui
Prenait aux tripes
Mais ses pas l’avaient
Arrêtée à la lisière
De la ville sur une terre
De fange de poutrelles de tuyaux
En ciment et d’arbres détruits

Assise sur un carton
Elle avait tourné le dos
A la muraille des habitations
Et braqué son regard
Sur les fantômes mauves
Qui élevaient leurs pics
Leurs gouffres leurs forêts
Dans la brume au loin
Puis la fatigue l’a emportée
Et dans son sommeil d’enfant
Une main sur l’aine
Elle suçote des songes
De bonbons de sève sure
Et des écorces sucrées