mardi 25 octobre 2011

Entre-deux

Un jour de nuées et de
Cendres depuis la terrasse
Ouverte sur la mer
Il s’était éveillé
Dans la puanteur
Enivrante des poissons
Qui jonchaient la plage
De sable et de cailloux

Ses mains avaient étreint
Le fer de la rambarde
Abîmé par la rouille

Derrière la maison basse
Les collines se dé-
Hanchaient avec lenteur
Montaient sans heurt
Dans l’air tourbillonnant

Des bêlements éclataient
Jusqu’à lui malgré la rumeur
Qui comblait les oreilles

“Que fais-tu là ?”

Il eut un goût de romarin
Sur les lèvres un grain
De sable sur la joue
Et une longue plainte
Qui grimpait en lui
Comme une couleuvre
Appelée par la chaleur

“Tu m’entends ? Tu m’écoutes ?”

Seuls lui parvenaient la
Vibration de l’air et
Le cliquetis des sabots
Fendus sur les rochers
Volcaniques

Entre-deux

Un jour de nuées et de
Cendres depuis la terrasse
Ouverte sur la mer
Il s’était éveillé
Dans la puanteur
Enivrante des poissons
Qui jonchaient la plage
De sable et de cailloux

Ses mains avaient étreint
Le fer de la rambarde
Abîmé par la rouille

Derrière la maison basse
Les collines se dé-
Hanchaient avec lenteur
Montaient sans heurt
Dans l’air tourbillonnant

Des bêlements éclataient
Jusqu’à lui malgré la rumeur
Qui comblait les oreilles

“Que fais-tu là ?”

Il eut un goût de romarin
Sur les lèvres un grain
De sable sur la joue
Et une longue plainte
Qui grimpait en lui
Comme une couleuvre
Appelée par la chaleur

“Tu m’entends ? Tu m’écoutes ?”

Seuls lui parvenaient la
Vibration de l’air et
Le cliquetis des sabots
Fendus sur les rochers
Volcaniques

jeudi 20 octobre 2011

Courir à la nuit

Au milieu des chevaux
Maigres il s’était af-
Falé harassé
Dans le bruit dru
De l’herbe broutée
Par les longues dents
Jaunes

A travers les paupières le
Soleil le pénétrait
Le trempait de tiédeur
Et ramenait en lui une odeur
De menthe et de myrte

“Plus nu que la main
Je suis plus nu que la
Main plus nu”

Au loin sur le côté
Un mouton paissait
Sur un talus d’ordures

“Plus nu que la main”

Un silence brûlant le
Saisit à la gorge
Alors il sentit dans son dos les
Epis pointilleux de l’herbe
Les marques des cailloux
Dans sa chair abandonnée

Et une sorte de vertige

Courir à la nuit

Au milieu des chevaux
Maigres il s’était af-
Falé harassé
Dans le bruit dru
De l’herbe broutée
Par les longues dents
Jaunes

A travers les paupières le
Soleil le pénétrait
Le trempait de tiédeur
Et ramenait en lui une odeur
De menthe et de myrte

“Plus nu que la main
Je suis plus nu que la
Main plus nu”

Au loin sur le côté
Un mouton paissait
Sur un talus d’ordures

“Plus nu que la main”

Un silence brûlant le
Saisit à la gorge
Alors il sentit dans son dos les
Epis pointilleux de l’herbe
Les marques des cailloux
Dans sa chair abandonnée

Et une sorte de vertige

vendredi 7 octobre 2011

Vases communicants avec Frédérique Martin

Sur une idée de François Bon, chaque premier vendredi du mois, des écrivains de la toile s'invitent les uns chez les autres. Aujourd'hui, j'accueille une nouvelle fois un texte de Frédérique Martin, tandis qu'elle reçoit un des miens chez elle.


Les sables rouges
*
Quand le vent souffle sur les sables rouges,
les marins tirent encore sur les drisses
nouées d’algues molles,
malgré leurs yeux boursouflés de chassie
et leurs poings desserrés.
Se souviennent-ils de leurs doigts
réduits en éclats par une pluie trop sévère,
un soir où ils ont ramené dans leurs nasses
le corps d’une vieille sirène rompue de chagrin ?

Un mica d’écailles, une toison de chanvre
et des coquillages sans nacre,
c’est tout ce qu’elle avait à offrir.
Eux
voulaient le spasme de sa voix
anéantie par l’ardeur des lancettes
et cette queue robuste
qui fouettait le pont
où luisait par endroit,
une semence rageuse.

Sous les cordes et la graisse,
ils s’attardèrent.
Leurs yeux grêlés d’étoiles,
mités par des errances sans raison,
ne discernaient plus la pulpe écarlate
ni le pourpre des viscères lessivées à grands seaux.
Ils s’époumonèrent dans un chant d’hommes
alors qu’ils se savaient vomis
par des ventres suicidaires.

Comment auraient-ils pu discerner,
sous le cri aigre du cormoran et l’hystérie des mouettes,
ce soupir clapoté sans cesse,
ce sanglot paisible de l’eau
qui retient la chair épuisée des enfants ?
Et quand le jour les a surpris,
puant fiévreusement la servitude des grands caps,
de quelle ruine lacunaire
espéraient-ils encore tailler
un silex de feu
pour s’en lustrer le cœur ?


***

Liste des vases d'octobre :






Jeanne  et G@rp 
Elise  et Ana NB 





Vases communicants avec Frédérique Martin

Sur une idée de François Bon, chaque premier vendredi du mois, des écrivains de la toile s'invitent les uns chez les autres. Aujourd'hui, j'accueille une nouvelle fois un texte de Frédérique Martin, tandis qu'elle reçoit un des miens chez elle.


Les sables rouges
*
Quand le vent souffle sur les sables rouges,
les marins tirent encore sur les drisses
nouées d’algues molles,
malgré leurs yeux boursouflés de chassie
et leurs poings desserrés.
Se souviennent-ils de leurs doigts
réduits en éclats par une pluie trop sévère,
un soir où ils ont ramené dans leurs nasses
le corps d’une vieille sirène rompue de chagrin ?

Un mica d’écailles, une toison de chanvre
et des coquillages sans nacre,
c’est tout ce qu’elle avait à offrir.
Eux
voulaient le spasme de sa voix
anéantie par l’ardeur des lancettes
et cette queue robuste
qui fouettait le pont
où luisait par endroit,
une semence rageuse.

Sous les cordes et la graisse,
ils s’attardèrent.
Leurs yeux grêlés d’étoiles,
mités par des errances sans raison,
ne discernaient plus la pulpe écarlate
ni le pourpre des viscères lessivées à grands seaux.
Ils s’époumonèrent dans un chant d’hommes
alors qu’ils se savaient vomis
par des ventres suicidaires.

Comment auraient-ils pu discerner,
sous le cri aigre du cormoran et l’hystérie des mouettes,
ce soupir clapoté sans cesse,
ce sanglot paisible de l’eau
qui retient la chair épuisée des enfants ?
Et quand le jour les a surpris,
puant fiévreusement la servitude des grands caps,
de quelle ruine lacunaire
espéraient-ils encore tailler
un silex de feu
pour s’en lustrer le cœur ?


***

Liste des vases d'octobre :






Jeanne  et G@rp 
Elise  et Ana NB