vendredi 30 décembre 2011

Veiller le jour

Un texte que Frédérique Martin avait eu la gentillesse d'accueillir sur son blog lors d'un "vase communicant".


D’un doigt mouillé de vin
Gris elle avait sur
La table tracé
Des cercles éclatés des
Oves hésitantes et
Des hachures figurant
Le gribouillis de ses nerfs

Elle mâchonnait une
Mélopée qui battait bat-
Tait comme un cœur
Tandis que son regard
Se figeait
Sur le frémissement de l’ombre
D’une feuille sur le mur
Se figeait sur le reflet
Du soleil dans le verre
Se brûlait aux taches
De la nappe claire

Un seul mot s’ex-
Tirpait de sa chair “dormir”
Mais le sommeil la dé-
Laissait sur le seuil
De sa chambre statue
De plâtre traversée de
Sanglots
Debout sans fin vacillant
Sur son socle

“Dormir dormir dormir”
Elle appelait la nuit
Réclamait la nuit
L’exhortait à poser
Son poids sur ses paupières
Sur son corps
Sur ses membres tremblants
Sur le trou qui s’ouvre
De plus en plus en
Elle

Veiller le jour

Un texte que Frédérique Martin avait eu la gentillesse d'accueillir sur son blog lors d'un "vase communicant".


D’un doigt mouillé de vin
Gris elle avait sur
La table tracé
Des cercles éclatés des
Oves hésitantes et
Des hachures figurant
Le gribouillis de ses nerfs

Elle mâchonnait une
Mélopée qui battait bat-
Tait comme un cœur
Tandis que son regard
Se figeait
Sur le frémissement de l’ombre
D’une feuille sur le mur
Se figeait sur le reflet
Du soleil dans le verre
Se brûlait aux taches
De la nappe claire

Un seul mot s’ex-
Tirpait de sa chair “dormir”
Mais le sommeil la dé-
Laissait sur le seuil
De sa chambre statue
De plâtre traversée de
Sanglots
Debout sans fin vacillant
Sur son socle

“Dormir dormir dormir”
Elle appelait la nuit
Réclamait la nuit
L’exhortait à poser
Son poids sur ses paupières
Sur son corps
Sur ses membres tremblants
Sur le trou qui s’ouvre
De plus en plus en
Elle

mercredi 21 décembre 2011

Tribus silencieuses

Au sein plat l’enfant
S’accrochait de ses mains
Brunies jetant son regard
Bleu sous ses mèches
Blondes suçant
Parfois sa mère
Qui lui essuyait ensuite la
Bouche d’un bout
De sa robe crasseuse
Mouillé de salive
Epaisse

Entre les étals des
Viandes crues et des jambons
Un homme
Tendait les moignons
De ses bras aux
Passants
Souriait large
Dans sa figure en
Carton montrait ses
Dents fendues ses
Gencives rosâtres
Et l’allumette brasillant
Dans chacune de ses
Pupilles

L’odeur de la mer
Remontait jusque-là
Pareille à un rideau
Les cris des oiseaux
Eparpillaient l’espace
Impassible
Et le ciel dessiné
D’un seul trait

Tribus silencieuses

Au sein plat l’enfant
S’accrochait de ses mains
Brunies jetant son regard
Bleu sous ses mèches
Blondes suçant
Parfois sa mère
Qui lui essuyait ensuite la
Bouche d’un bout
De sa robe crasseuse
Mouillé de salive
Epaisse

Entre les étals des
Viandes crues et des jambons
Un homme
Tendait les moignons
De ses bras aux
Passants
Souriait large
Dans sa figure en
Carton montrait ses
Dents fendues ses
Gencives rosâtres
Et l’allumette brasillant
Dans chacune de ses
Pupilles

L’odeur de la mer
Remontait jusque-là
Pareille à un rideau
Les cris des oiseaux
Eparpillaient l’espace
Impassible
Et le ciel dessiné
D’un seul trait

jeudi 15 décembre 2011

L'un à l'autre

La lèvre encore
Teintée de sang il
S’est affalé dans
L’osier du fauteuil
Doigts crochés
Sur les accoudoirs
En velours

La verrière ré-
Sonne des sifflements
Des canaris et des
Perruches
De plus loin les
Grognements
De l’enfant venaient
Mourir comme une
Ecume
Sur la moquette à
Chiures de mouches
Rouges

Dans ses yeux tour-
Noient des bulles de
Couleur de chaleur
Sèche et de frondaisons
Qui tremblent dans
La lumière

L’enfant ne cessait
De geindre au fond des
Ténèbres des couloirs
Ne cessait de
Fendre les murs
De lacérer le calme
L’immobilité paisible
Des papiers peints
Figurant des
Prairies de pâquerettes
Qui laissent un goût
Amer

L'un à l'autre

La lèvre encore
Teintée de sang il
S’est affalé dans
L’osier du fauteuil
Doigts crochés
Sur les accoudoirs
En velours

La verrière ré-
Sonne des sifflements
Des canaris et des
Perruches
De plus loin les
Grognements
De l’enfant venaient
Mourir comme une
Ecume
Sur la moquette à
Chiures de mouches
Rouges

Dans ses yeux tour-
Noient des bulles de
Couleur de chaleur
Sèche et de frondaisons
Qui tremblent dans
La lumière

L’enfant ne cessait
De geindre au fond des
Ténèbres des couloirs
Ne cessait de
Fendre les murs
De lacérer le calme
L’immobilité paisible
Des papiers peints
Figurant des
Prairies de pâquerettes
Qui laissent un goût
Amer

dimanche 11 décembre 2011

Statue de l'Endormie

Les mains lasses posées sur
Son giron bleu
Sombre paumes
Ouvertes sur le plafond
Clair marqué
Des flambées jaunâtres
De l’éclair-
Age
Elle sommeille rompue pau-
Pières agitées par
Un frémissement de
Pensées d’images qui
Se bousculent
Elle sommeille s’en-
Fonce s’abandonne
A une forêt de bambous
Epais
A une végétation lourde
Que les larges gouttes
De la pluie n’inclinent pas
Elle sommeille les pieds
Dans les plis gras
D’une rivière
Elle sommeille
Piétinant le limon
Dont l’odeur anesthésie
La fatigue et
Les sens
Elle sommeille en
Happant dans sa main
Une boule de riz
Qui porte les traces
De la trame de
Son sac en toile
Elle sommeille en-
Core quand elle se
Réveille
Et que ses yeux
Charbon se heurtent
Au carrelage vert
Pâle de la pissotière
Où l’ammoniaque caresse
La peau d’une main
Fraîche

Statue de l'Endormie

Les mains lasses posées sur
Son giron bleu
Sombre paumes
Ouvertes sur le plafond
Clair marqué
Des flambées jaunâtres
De l’éclair-
Age
Elle sommeille rompue pau-
Pières agitées par
Un frémissement de
Pensées d’images qui
Se bousculent
Elle sommeille s’en-
Fonce s’abandonne
A une forêt de bambous
Epais
A une végétation lourde
Que les larges gouttes
De la pluie n’inclinent pas
Elle sommeille les pieds
Dans les plis gras
D’une rivière
Elle sommeille
Piétinant le limon
Dont l’odeur anesthésie
La fatigue et
Les sens
Elle sommeille en
Happant dans sa main
Une boule de riz
Qui porte les traces
De la trame de
Son sac en toile
Elle sommeille en-
Core quand elle se
Réveille
Et que ses yeux
Charbon se heurtent
Au carrelage vert
Pâle de la pissotière
Où l’ammoniaque caresse
La peau d’une main
Fraîche

jeudi 8 décembre 2011

Finir, l'été

“Laisse entrer l’ombre
Laisse venir la nuit
Dans la chambre encore é-
Blouie et laisse les branches
Effleurer ton visage
Apaisé”

Une odeur de buis et de cendres
Coulait sur les murs crépis
Les cling ! et les clang ! dégringolaient
Dans la chaleur stupéfaite

“Ce cœur qui grince et
Qui s’étrangle ce cœur
Jamais plus dans la clarté
Imparfaite dans le foisonnement
Des jardins
Qui crèvent de soif dans
La joliesse de la ville abasourdie
Dans la pente affolée qui
Conduit au robinet public”

Des bœufs passent sans fin
Devant la grille un feston
De bave collé au mufle
Et les cri-cri-cri des insectes
Tournent la tête alors que tu
Poses une main sur le siège
En cuir chauffé à blanc
De la motocyclette et que tu sens
Un ange s’affaler à tes
Pieds dans un poudroiement de
Plumes
La figure blême et tailladée

Finir, l'été

“Laisse entrer l’ombre
Laisse venir la nuit
Dans la chambre encore é-
Blouie et laisse les branches
Effleurer ton visage
Apaisé”

Une odeur de buis et de cendres
Coulait sur les murs crépis
Les cling ! et les clang ! dégringolaient
Dans la chaleur stupéfaite

“Ce cœur qui grince et
Qui s’étrangle ce cœur
Jamais plus dans la clarté
Imparfaite dans le foisonnement
Des jardins
Qui crèvent de soif dans
La joliesse de la ville abasourdie
Dans la pente affolée qui
Conduit au robinet public”

Des bœufs passent sans fin
Devant la grille un feston
De bave collé au mufle
Et les cri-cri-cri des insectes
Tournent la tête alors que tu
Poses une main sur le siège
En cuir chauffé à blanc
De la motocyclette et que tu sens
Un ange s’affaler à tes
Pieds dans un poudroiement de
Plumes
La figure blême et tailladée