mercredi 18 janvier 2012

Un jour puis l'autre

Un jour d’arbres et
De buissons cramés un
Jour de vent trop chaud
Un jour de course
Haletante sur les picots
De l’herbe sèche
Un jour où le souffle
Tient à une lente
Soumission du corps
Un jour elle s’était
Désancrée de son regard
Jetée sur le couteau
A pain à peine il
Avait dressé le bras
Elle avait balayé
Devant elle cisaillé
L’air vide soudain
Ouvert plus large
Que les prairies
Interminables de son
Enfance elle avait
Fouaillé la distance
Fouetté sans relâche
L’espace stupéfait
Effleuré la chemise
Espéré la peau
En sueur
L’entaille la blessure
Comme une bouche
Qui saigne
Et les yeux aff-
Olés dans les orbites
Dilatées elle avait
Reculé projeté
Son corps comme une
Pierre porte béante
Roulé sur la
Pelouse l’herbe
Jaunie par endroits
Plaques malades
De la soif
Qui blessent la peau
Des pieds nus dans
L’après-midi
Tonitruant arraché l’air
A pleines bouchées
Pour s’en remplir
S’en repaître à
Dégueuler
Avant de s’arrêter
S’appuyer à un mur
Dans une ruelle où
L’odeur des poubelles
Montait comme un
Sucre brûlé

13 commentaires:

  1. jamais je ne serai poète , je ne vous arrive même pas aux orteils ! un réel plaisir de vous élire !!

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    1. Merci. Content de vous conter parmi les lecteurs.

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  2. Francesco Pittau offre un nouveau poème à couper le souffle, il fait vivre au lecteur, une journée d'une femme martyrisée, son évasion hallucinée, un jour de vent du diable, de vent qui rend fou, siroco ou libecio. Un jour où « le souffle tient à une lente soumission du corps » ,elle avait couru jusqu'à consomption de ses énergies physiques et psychiques, jusqu'à se retrouver dans un état d'épuisement total. Elle s'est rebellée,a rompu ses liens, « s'est désancrée ». Soudain , elle n'a plus supporté d'être battue. La rage l'a envahie, comme folle, elle a empêché l'approche de l'homme avec le « couteau à pains » à grands coups de zébrures qui sifflent à nos oreilles ,elle avait l'envie de blesser , sinon de tuer. Bête poussée à bout, elle avait su reculer, fuir , rouler dans l'herbe, hagarde autant de rage ,que d'effroi devant le geste sacrilège. Elle avait respiré « à grandes goulées...à s'en repaitre..à dégueuler » avant de s’arrêter « dans une ruelle où l'odeur des poubelles montait comme un sucre brulé ». L'acte libératoire s'accomplit poussé par une rage féroce où le vent a sa part. Son destin était maudit, elle s'en est arrachée par ce combat paroxystique et solitaire, elle a sauvé sa peau. Francesco décrit les prémices de l'acte,sa réalisation, la fuite Il nous fait vivre ce moment, où l'instinct de conservation peut pousser au meurtre., sans autre question. La violence des mots, leurs emplois, les images suscitées, les allitérations donnent une tension hallucinatoire à ce texte, même si la forme poétique l'adoucit un peu. Ce poème est haletant.

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    1. Oui, une femme en tout cas, martyrisée sans doute... destin maudit c'est vous qui le dites. Les malédictions c'est hors de mon champ de compétences. Restreint, je l'avoue.

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  3. Ah, m'sieu verroust, merci ... Sans vous je n'aurais encore rien compris...

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  4. Très bien encore, demain je reniflerai ma poubelle, son sucre.

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    1. Merci, m'sieur Boudou. Ma poubelle sent pas le sucre... mais bon... :)

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  5. ya 1 truk ke je konpron pa sé pourkoi vou zalé a la lign alore ke la fraze el é pa finit

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  6. ???? nan mer lol lotre i va pa a la ligne é i veu keu je ponktu ♥

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