mardi 28 février 2012

Relever les pièges

Il s’était déhanché sur
Les cailloux du fleuve
A sec les rochers de granit
Coagulés dans le silence
Vibrionnant

Un animal étira son cri
L’azur claquait comme un
Coup de talon dans les orbites
Des remuements méconnaissables
Des ombres vertes fusèrent
Dans la fraîcheur étroite
Des pierres

Près des ajoncs coupants
Dans la cabane envahie
Par les hardes un chiot
Sommeillait des puces
Jusqu’aux yeux

Des poissons des bêtes
A fourrure pendaient
Comme du linge
Dans le soleil embrumé

Des voix s’éveillèrent des
Corps s’ouvrirent dans l’odeur
Âcre des fumaisons
Avec la lumière déjà triste
De l’avant-soir

Et il sentit une neige
Improbable goutter
Sur ses épaules lasses

38 commentaires:

  1. Très beau et oscillant comme les plateaux d'une Roberval autour d'un point d'équilibre fluctuant. La 4ième strophe, bellissima. Juste un problème avec la 1ère où les coupures m'ont obligé à relire 4 ou 5 fois (pourquoi des majuscules en début de ligne ?).PS : je me trompe ou vous avez modifié le début des Machicots ?

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  2. Un panoramique, un long travelling... l'écriture d'un directeur photo, c'est magnifique. (Un de vos plus beaux comme je ne dis pas toujours.)

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  3. tout me plaît beaucoup, à l'exception de l'emploi du mot "improbable" que je ne comprends pas dans ce contexte.

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  4. Merci, Gilles.Pour la première strophe, j'ai essayé de rendre le "déhanchement"...PS : Non, je n'ai pas modifié le début des Machicots.

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  5. Merci, Depluloin. (ça m' fait très plaisir)

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  6. "improbable"... on me l'a dit déjà... j'y réfléchis...Le mot me paraissait "logique" dans le contexte, comme une manière de faire décoller un peu le personnage de sa réalité... bref... :)

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  7. moi jaime bi1 improbable je trouv ke sa done 1 coter 1 peu iréalisse o tablo tu voit

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  8. par kontr la neij ki goute jé pas comprit

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  9. Merci, Anonyme2... c'était un peu dans mes intentions...

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  10. je lit trop bi1 dan votre ♥ komeme

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  11. Ce poème suscite une richesse de commentaires qui atteste sa qualité. J'y lis, j'y vois , j'entends un mouvement qui se ralentit au fur et à mesure du déroulé du récit. La métaphore du fleuve à sec , aux « cailloux coagulés », la chaleur portée par le « silence vibrionnant », la violence de la lumière azuréenne annoncent la difficulté de trouver des proies pour la pitance des hommes et des bêtes.L'été touche à sa fin, le soleil « s'embrume » , « la lumière est ,déjà,triste ». L'homme sent arriver l'hiver, la neige qui rendront pèche et chasse,plus difficiles. Cette neige est improbable, maintenant, mais certaine demain. Elle est un piège pour le trappeur , le lecteur qui traque la faute et l'auteur qui a le trac du créateur !

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  12. "L’azur claquait comme unCoup de talon dans les orbites"Cette allitération en consonnes occlusives vélaires suscite chez le lecteur un sentiment schizophrénique du fait de l'écart sémantico-lexical-poétique, tandis qu'à la presque fin de la prose poétique, "Des voix s’éveillèrent desCorps s’ouvrirent dans l’odeurÂcre des fumaisonsAvec la lumière déjà tristeDe l’avant-soir"la douceur revient incarnée par les allitérations bilabiales et labiodentales beaucoup plus sereines.En somme, le texte touche par sa cohérence lexico-poétique, quand bien même les chefs-d’œuvre ne sont pas toujours les mieux commentés.

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  13. Merci, Sphétanie... j'envoie le chèque à l'adresse convenue.

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  14. @Anonyme : lisez et relisez... ça vaut la peine. :)

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  15. @patrick Verroust : Le piège s'est refermé à la fin du texte.

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  16. Le dialogue entre Anonyme et vous Francesco est-il un infra dialogue à coups de private joke ? Autrement dit Anonyme est-il/elle anonyme ?Bravo Sphétanie pour la translation post structuraliste des éléments de langage.

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  17. Euh, c'est quoi le post-structuralimse ?

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  18. Pardon, chère Sphétanie, mais je souhaite apporter une précision qui sans nuire à votre commentaire, risque de le relever un peu : les allitérations spirantes bilabiales voisées, par exemple, que vous ne citez pas précisément, sont pourtant les véritables marqueurs de la sécheresse qui paradoxalement, si je puis me permettre ce trait d'humour Vermotien, nourrit tout ce magnifique poème.

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  19. Sec / silence / sommeillait / puces / soleil / triste / lasses.L'acmé (mon Dieu que je suis taquine ce soir) étant personnifié par ces puces, elles-mêmes suceuses de sang et donc annihilatrices de la moindre molécule humide. Positionnées à la fin de la troisième strophe, elles sont carrément, n'ayons pas peur de le dire, un véritable puits de lumière au centre du texte, renforçant donc cette impression de sècheresse. CQFD.

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  20. Que de commentaires, parfois bien trop "pointus", parfois bien trop obscurs (en particulier de la part d'un anonyme répétitif dans sa syntaxe particulière et laide)...Moi j'admire surtout le second paragraphe : magique !Rémi Begouen

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  21. Post structuralisme je ne sais pas mais ADS a touché juste. La lettre S est le fil rouge de ce poème. Un rouge Sang qui fait fait sens . Le mot n'est pas dit mais il est là, des cailloux caillots coagulés,en passant par les puces du chiots, aux fumaisons, le sang vital s’assèche, il faudra faire sans.

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  22. @Rem* : Merci de m'avoir lu en tout cas.

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