mardi 1 septembre 2015

Vapeurs

Tout n’est que vapeur souffle
haleine brise sur les villes en été
vent sur les collines où le loup
rôde lourd et léger à la fois
lourd de ses histoires de sang
léger de son pas terrifié
dans les sentiers de cailloux
et de ronces marqués par le pas
des chèvres acrobates

C’est la respiration qui peine
au milieu des buissons durs
et des arbres torturés par leur croissance
c’est la respiration qui pousse
ses soupirs brûlants dans la chaleur
de l’air et de l’espace
— chaque pierre est une braise
chaque rocher un cœur qui bat

L’azur plat comme un rêve de sieste
s’attarde au loin dans les brouillards
immobiles de l’après-midi
et ce qui semblait si solide si compact
sous la main s’effrite et se délite
pour laisser la place à un monde d’ombres
lumineuses de  tremblements humides
qui partent en torsades de fumée

Tout n’est que visages qui s’effacent
corps qui s’enfoncent dans la nuit
regards qui se défont bouches qui s’effondrent
tandis que les décors engloutis
disparaissent dans la purée sombre
sans heurts et sans trompettes

avec la tranquille assurance de ce qui n’est plus.

4 commentaires:

  1. Ici souffle la vie cacochyme, sa déliquescence programmée. Elle a beau fuir à perdre haleine, elle finira à bout de souffle dans l'immobilité figée des choses mortes....

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  2. Des impressions colorées perdurent après lecture. Plutôt un écorché qu'une sanguine !!!!

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  3. Se dépouiller peu à peu de soi-même et savoir le temps venu lâcher prise...

    J'aime que le loup soit lourd et léger, "lourd de ses histoires de sang, léger de son pas terrifié". Joie à lire cela.

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    1. Se dépouiller est vital, je le crois du moins.

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