jeudi 17 mars 2016

Il pleut

Il pleut dans le couloir de l’hôpital des Enfants morts
il pleut si fort que les murs cascades et ruisseaux
bisons pourchassés et chiens de prairie et coyotes
se noient et se diluent sans pousser un seul cri

Tous les lits ont crevé les pantoufles agonisent
sur des tapis trempés comme la soupe tiède du soir
et les vitres embuées montrent parfois la blessure
grasse d’un sourire du dimanche en soleil

Le vent s’est engouffré dans les méandres du béton
les armoires métalliques bâillent sur des étagères 
de flacons brisés et de coupelles toujours intactes
où les signes de la douleur patiente n’ont pas eu de prise

Par l’échancrure du toit tombe une lame de lumière
qui réveille des îles et des navires abrutis de sommeil.

3 commentaires:

  1. Naufrage....Les mots du poète rendent palpables les béances de la tragédie...Sentiment de sidération impuissante face à la calamité...
    Fort poème!!

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  2. Écriture à la hauteur du désastre...

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