samedi 11 février 2012

Et puis, les machicots

La nuit glissait
Comme une couleuvre
Sur le carrelage
Encore tiède

La dernière haleine
De l’après-midi
S’estompait dans une
Odeur d’oranges encore vertes
Et de figues lourdes

Sur le mur chaulé blanc
Des figures se levaient
S’affalaient s’éva-
Nouissaient dans une
Bouffée de lumière
Rose

Derrière les meubles
L’ombre s’épaississait
Vers la nuit
Qui comblait déjà
La fenêtre

“mamamamamamama
lalalalalalalalalalalala
mamamamamamama
lalalalalalalalalalalala”

Les mains sur les yeux
Il regardait entre
Ses doigts les fleurs
En plastique
Mourir sans bruit
Dans les ténèbres
Assourdies

15 commentaires:

  1. Réponses
    1. Oh, merci Anonyme. Très touché que ça vous plaise, on sent la lettrée chez vous.

      Supprimer
  2. Mamamanmamôman
    tstststststststststststs.
    :(

    RépondreSupprimer
  3. L'avant-dernière strophe m'a à la fois surpris (j'étais installé dans une évocation presque trop parfaite) et plu. Mais est-ce un enfant ? Ou un adulte qui chantonne une mélopée ? Un dépressif ? L'auteur lui-même ? Les fleurs en plastique m'entraînent dans l'univers des modestes de Pascal Garnier. J'ai cherché le sens de "machicot" (qui fait penser à une dent ou à un dérivé de machicoulis). Seule définition, dans le Littré, un officier d'église de Notre-Dame... Mais ce n'est pas ça, qu'est-ce alors ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. D'abord, merci de m'avoir lu. Pour machicot, voici l'explication : "Machicoter, verbe.Pratiquer le machicotage dans l'exécution d'un chant d'église. Emploi trans. Machicoter des airs tristes (Lar. 20e). − [maʃikɔte]. Besch. 1845 écrit mâ-. − 1reattest. 1701 mus. (Fur.: Terme de Nôtre Dame de Paris. C'est chanter seul un verset en y ajoûtant, ou retranchant des notes qui sont sur le livre à chanter, et cela pour donner plus de grace au chant); de machicot, dés. -er."
      C'est évidemment la dernière partie de la définition qui convient ici— le fait de chanter seul.

      Supprimer
  4. Ce qui m'intrique est comment vous êtes tombé sur ce mot "machicot". Par hasard ? Ou par recherche ? Il est à l'origine de ce poème ? Le mot est agité sous notre nez de lecteur dans le titre...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je le connaissais. Je voulais d'abord intituler le texte : "Et puis, machicoter"... ça ne sonnait pas trop bien, et il y avait un aspect volontaire... donc...

      Supprimer
  5. Un nocturne inoffensif, quoique rampant, les sucres saturent une fin d'été et d'autres maturités préparent à l'hiver, psalmodie de l'enfance.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime beaucoup le mot "psalmodie"... ici, surtout.

      Supprimer
  6. Ce dévot là, ne semble pas pétri en dévotion son esprit s'évade comme filent les métaphores. Pet être qu'il machicote , j'en doute pour ma part, avec les autres choristes ou tout seul entre ses dents., les antiennes liturgiques en plein chant. Il est difficile de machicoter, de faire porter la voix, les mains sur le visage dans l'attitude de prière. Il s'évade par de petites tricheries exprimées avec ironie , des observations des lieux qui le distraient et l’adsorbent, tellement, qu'il finit par constater les effets de la marche du temps sur l'espace de la petite chapelle.Les métaphores sont riches, travaillées ,créatives, puissamment, évocatrices, . L'ambiance d'une modeste église ou chapelle est bien observée des gens qui s'assoient , un temps de recueillement, puis s'en vont, les fleurs en plastique....C'est un lieu d'hommages aux morts ,d’ex-voto. Peu importe le lieu, l'histoire, les métaphores sur l'arrivée de la nuit forment une allégorie qui est la vraie richesse de ce poème.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il n'est pas pétri en dévotion mais je suis pas sûr qu'il se trouve dans une église.

      Supprimer
    2. Je ne suis pas étonné, j'avais pensé à un cimetière, un lieu de recueillement ouvert.

      Supprimer
  7. Très joli. C'est très intéressant, cette façon que tu as de dilater le temps en le centrant sur quelques minutes qui deviennent éternelles. Une photo mentale, mise en mots et donc linéaire, mais qui reste un ensemble d'images. Chapeau.

    RépondreSupprimer